Fonctions d'onde
La fonction d'onde est souvent la quantité la plus importante en mécanique quantique. Elle contient toute l'information sur l'état d'une particule, et sa norme au carré est la densité de probabilité de trouver la particule à la position . Comment est-elle proprement définie ?
Décomposition en états propres d'un opérateur quelconque
Si on prend n'importe quel opérateur et qu'on le diagonalise, on obtient une base d'états propres avec des valeurs propres . L'état de la particule peut être exprimé comme une superposition de ces états propres :
où les coefficients sont donnés par le produit scalaire . Cette décomposition est particulièrement adaptée pour connaitre facilement la probabilité de mesurer la valeur de l'observable : elle est simplement (dans le cas non dégénéré).
Opérateur position
L'idée est alors de construire un opérateur qui mesure la position d'un état et de décomposer l'état de la particule dans sa base d'états propres, en suivant exactement la recette ci-dessus. On ne peut cependant pas prendre directement : on va voir que ses états propres ne sont pas normalisables, donc pas des états physiques au sens usuel. On régularise le problème en découpant l'espace en petits intervalles de taille . On ordonne les intervalles et on les note . On définit l'opérateur position comme suit : il agit sur un état en projetant la fonction d'onde sur l'intervalle et en multipliant par la position . On note ses états propres et on a :
Pour que ces états propres soient physiques, on les prend de norme 1 : représente la particule uniformément répartie sur l'intervalle, avec pour fonction associée sur et ailleurs — le facteur est exactement ce qu'il faut pour que .
L'état peut alors être décomposé dans cette base d'états propres :
où les coefficients — notés avec un pour les distinguer des génériques du paragraphe précédent, dont ils ne sont qu'un cas particulier, celui de l'opérateur — valent . En écrivant ce produit scalaire comme une intégrale,
on voit que diviser une seconde fois par revient à prendre la valeur moyenne de sur l'intervalle. Il suffit alors de faire tendre vers zéro. Par sommes de Riemann, cette limite est bien définie et on obtient la fonction d'onde :
Plus simplement, on note la limite quand des états par , et on a alors
L'état se décompose en une intégrale sur les états propres de l'opérateur position :
Impulsion
La même procédure peut être appliquée à l'impulsion. Au lieu de s'intéresser à l'opérateur position on s'intéresse à la quantité de mouvement d'un état. La base obtenue est notée . L'état peut être décomposé dans cette base :
où est la fonction d'onde dans l'espace des impulsions.
Les états doivent également pouvoir être décomposés dans la base des états propres de l'opérateur position, et on a donc
Ces états s'écrivent, dans la base position,
des ondes planes, normalisées au sens des distributions : . En insérant une décomposition sur la base position, se réécrit
la fonction d'onde en impulsion est la transformée de Fourier de la fonction d'onde en position.
Fonction d'onde de n'importe quel opérateur
En réalité, il n'y a pas de raison de se limiter à la position et à l'impulsion. Pour n'importe quel opérateur au spectre continu, on peut définir une fonction d'onde comme les coefficients de l'état dans la base des états propres de . La fonction d'onde est donc un concept général, qui dépend de l'opérateur choisi.